J’ai accouché pendant le confinement

par Navaill

 

Ça commençait à devenir long, je l’avoue. À une semaine du terme, tu étais encore bien trop accroché aux parois de maman. Mais je sentais tes petits pieds pédaler sous mes côtes pour avancer jusqu’à la sortie. Mon corps commençait à craquer comme une coquille d’œuf, il n’avait qu’une envie, c’était que le poussin sorte…

J’avais hâte que tu arrives !

Alors j’ai marché, dansé (pour celles qui ont suivi mon quotidien, elles sauront de quelle danse je parle ahah), dans l’espoir que tu prennes la première décision de ta vie : nous rencontrer. Le 27 mars, un vendredi matin, je me suis levée d’ordinaire pour déjeuner. J’ai mangé mon kiwi, mon bol de trésors et bu mon jus d’orange pressé. C’était ma dernière journée sans toi.

Je savais que tu pouvais arriver à tout moment, que la plus belle des grossesses prendrait bientôt fin et que je deviendrais maman d’un jour à l’autre. Mais ce matin-là, je ne pensais pas que ça arriverai « aussi vite ». J’avais eu des mois pour me préparer. Pourtant, c’était encore inconcevable pour moi de porter un jour mon bébé dans mes bras. Tu étais à la fois si réel et si imaginaire.

La matinée est passée, j’ai fait du ballon, regardé un épisode de la maison des maternelles et passé l’aspirateur, avant qu’Aurel me demande ce que je voulais manger pour mon repas d’anniversaire, le lendemain. J’avais envie d’une fondue savoyarde ! La commande était passée et la journée du 28 « planifiée ». Je n’avais plus qu’à tourner en rond. Le confinement me pesait déjà, moi qui rendais souvent visite à mes parents. J’avais besoin de me sentir entourée à l’approche du jour J, d’autant plus dans ce contexte terrifiant. J’avais peur de devoir vivre tout ça toute seule, au point de m’être posée la question « Est-ce possible de demander un déclenchement ? », pour que mon bébé arrive avant que les mesures se durcissent… Mais je suis vite revenue à la raison, je ne devais pas lui mettre la pression mais lui laisser le temps d’arriver, c’était mon rôle de continuer à le couver.

Mais j’avais peur…

J’appelais tous les jours la maternité pour m’assurer qu’Aurélien pourrait être présent. On me disait que « pour le moment », les conjoints étaient encore acceptés mais qu’ils ne savaient pas si ce serait toujours le cas demain. Je voyais passer des stories de filles qui disaient que dans leur coin c’était déjà interdit et que les mesures étaient en train d’être prises dans tous les hôpitaux. J’ai eu des épisodes de pleurs, de panique, car j’avais un projet d’accouchement bien précis, qui nécessitait d’avoir mon chéri à mes côtés. J’en ai tellement voulu à ce putain de virus de me rendre nerveuse les derniers jours de ma grossesse, moi qui avait été zen jusqu’à présent. Je me disais qu’on avait eu tellement de mal à avoir ce bébé, qu’on méritait une fin heureuse. Ou plutôt un début magique…

Je ne me sentais pas capable d’accoucher seule, et pour quelqu’un qui n’avait jamais appréhender ce jour, je commençais à en avoir peur. Comment j’allais pousser sans qu’il me tienne la main ? A côté de quelles émotions allait passer Aurélien ? Leur lien père-fils allait-il être mis à mal ? Comment j’allais faire pour m’occuper du bébé pendant le séjour ? Et si je faisais un baby-blues ?… Tant de questions s’entremêlaient dans ma tête que les larmes coulaient sans s’arrêter.

C’était sûr, le COVID-19 allait laisser des traces dans nos esprits. En particulier dans l’histoire de notre petit garçon. Cette période si particulière au milieu de laquelle il allait voir le jour. Mais le ciel en avait décidé ainsi, je devais accoucher pendant le confinement.

Le jour était arrivé.

Ce vendredi-là, je n’ai pas eu envie de marcher ni de danser. J’avais un petit moral et j’ai eu besoin de prendre un bon bain chaud. C’était vraiment dur moralement, je me disais que déjà le monde n’était pas joli joli…mais qu »alors là, l’accueil serait vraiment particulier pour mon bébé. Mais bon ! Il serait plus fort grâce à ça, pas vrai ?

Pendant que je cogitais au milieu de la mousse, mon petit poussin s’est dit que s’il voulait voir la tête de papa à la sortie, il devait se bouger ! C’est donc dans un bain de remise en question que tout a commencé. J’ai perdu mon bouchon muqueux en sortant de l’eau. Il était 15h00. Je me suis demandé si c’était le moment, mais j’ai lu que l’on pouvait aussi le perdre une semaine avant d’accoucher. Shit ! Alors j’ai continué ma vie…et puis vers 19h00, mon bébé m’a envoyé des signaux. J’ai commencé à ressentir des contractions désagréables. J’ai tout de suite pensé à ce que ma sage-femme m’avait dit : « Si jamais vous ressentez des contractions qui vous font mal, prenez un bain chaud et attendez de voir si elles passent. Si oui, c’est que c’est du faux travail, si non, c’est que c’est sûrement le moment. » Alors rebelote, je file sous une douche bien chaude ! Et en effet, je ne rêve pas, elles sont toujours là.

J’avais pour projet d’accoucher sans péridurale. Ça faisait des mois que je me préparais dans ce sens et on m’avait appris que plus je restais longtemps à la maison, mieux c’était. Lorsque vous avez cette intention, les professionnels vous invitent à « traîner » chez vous. Ce qui vous permet de pouvoir manger, bouger et gérer la douleur à votre façon pour faire avancer le travail le plus possible. Une fois arrivée à la maternité, vous perdez en mobilité puisqu’on vous met dans un lit avec un monitoring… Pleine de volonté, j’ai réussi à tenir jusque 23h00. Nous étions à 25 minutes de la maternité alors j’ai fini par aller chercher Aurel en lui disant « Je sens que quelque chose se passe, go ». J’espérais que nous ne partions pas pour revenir dans la nuit. En confinement, c’était d’autant plus galère de prendre la voiture pour sortir de chez nous. Alors c’est sûr qu’on avait une raison valable, mais je ne voulais pas rester bloquer dans une file de contrôle. J’avais un bébé à mettre au monde ! J’ai d’ailleurs dû faire nos attestations sur la route tout en gérant la douleur.

Yes les papas étaient acceptés !

Vers 23h30, nous sommes arrivés à la maternité de Seclin. Là où j’étais née 26 ans plus tôt. Les mesures étaient strictes dans le hall des urgences, mais nous étions tombé sur une maternité qui autorisait encore les papas à entrer ! J’ai toujours voulu accoucher à Seclin pour la « symbolique » car mon papa est né là bas et ma mère m’a fait naître là bas aussi. Ce choix n’était pas anodin, la preuve ! J’avais choisi la bonne maternité !

Nous avons dû attendre que quelqu’un vienne me chercher à l’accueil. J’étais heureuse qu’on soit à deux mais fatiguée. Puis tout est toujours trop long quand on est claqué et qu’on on a mal. Nous avions toutes nos affaires sur le dos car une fois entrés dans l’hôpital, les sorties étaient définitives, forcément. Mais mon bébé, comme tout au long de ma grossesse était là et m’a aidé à garder mon calme. Le personnel est venu prendre nos températures et j’ai dû entrer seule pour me faire examiner. Les médecins voulaient être sûrs que j’accoucherai dans la nuit pour autoriser l’accès à Aurel. J’étais à la fois perdue de devoir y aller seule mais rassurée par les mesures d’hygiène.

Et là, mon fils m’a à nouveau envoyé un signal ! À peine arrivée dans le couloir des urgences, j’ai perdu les eaux. Tout en avançant vers le service obstétrical, hum. « Bonsoir bonsoir » j’étais gênée de me faire dessus tout en croisant des soignants. Mais heureusement, j’étais seule en arrivant dans la salle d’attente. Je savais aussi qu’en ayant perdu les eaux, je ne rentrerai pas à la maison ! (N’empêche à 5 minutes près, je trempais les sièges en cuir…)

On allait être liés plus que jamais lui & moi.

Il allait naître le même jour que moi ! C’était dingue. Je me retrouvais au même endroit que ma maman 26 ans plus tôt, et mon bébé et moi serions liés par une même date ! 1 chance sur 365… Ce bébé été bel et bien miraculeux, aussi bien à son annonce qu’à sa naissance. Le premier examen a eu lieu à 00h30 : « Vous êtes à 2 centimètres col épais ». Petite déception d’arriver « si tôt ». Mais je rêvais de pouvoir m’installer en salle nature, équipée de tout un tas de choses pour m’aider à affronter la douleur jusqu’au bout, sans péri (baignoire, lianes, ballon…). PAS DE CHANCE ! Elle était occupée…

Et puis évidement, souffrir signifie aussi impatiente et irritabilité. J’étais dégoûtée, j’avais l’impression que sans accès à cette salle, mon projet partait en fumée… Il était presque 1h30 et j’étais passé d’un col épais à un col effacé, toujours à 2  centimètres.  Je continuais à garder la tête froide pour gérer ces méchantes contractions très (trop) rapprochées. Aurel avait assisté à tous les cours de préparation à l’accouchement et donc savait quoi faire pour me soulager. Dès que j’en sentais une arriver, il appuyait de toutes ses forces dans le creux de mes reins. C’est tellement plus boostant quand on est épaulé, comme si on avait l’impression de partager la douleur.

Je suis restée plus de 2h dans une petite salle de monitoring, sans pouvoir bouger (comme on m’avait prévenu…) et c’était interminable. Par « chance » comme les contractions étaient rapprochées, le travail avançait vite ! Tellement vite que j’avais de moins en moins de pauses entre mes contractions. Tellement d’émotions que j’en ai vomi mes knackis ahah. C’était cool de souffrir dans un legging trempé et une chemise pleine de vomi. On dit qu’en moyenne le col s’ouvre d’un centimètre par heure. Pour ma part, en 3h je suis passé de 2 centimètres col épais à 7 centimètres col effacé. Entre le moment où j’ai décidé de prendre la péridurale et le moment où on me l’a posé, je suis passée de 5 centimètres à presque 8.

Alors non, je n’ai pas été jusqu’au bout de mon projet, mais je ne regrette rien. Je suis fière de moi car atteindre 7 centimètres sans anesthésie, c’est beau ! Et que j’ai réussi à gérer la douleur comme une chef. Ce n’est pas prétentieux, mais quand on est fière de soi, on a le droit de le dire ! Il était 5h du matin et je n’avais pas dormi depuis presque 24h. Arriver à 23h à la maternité, c’est ingrat. A l’heure où tu t’endors d’habitude, tu dois rassembler toute ton énergie !

Tu allais enfin être contre moi…

Une fois la péridurale posée, elle a mis 45 minutes à faire effet, j’étais à deux doigts d’insulter l’anesthésiste. Il avait déjà mis du temps à m’injecter le produit car trop occupé à raconter sa journée…et ça n’allait pas assez vite pour moi lol. Mon corps a mis du temps à être soulagé mais j’ai pu avoir 2h de répit avant que l’on s’installe pour l’accouchement. Je n’ai pas réussi à dormir mais j’ai repris des forces pour la poussée. Aurel était claqué lui aussi.

Vers 6h15 nous nous sommes installés. J’aurais aimé accoucher autrement que dans la position gynécologique mais c’est finalement ce qui s’est présenté à moi. Dans un accouchement, cela se passe rarement comme nous l’avions imaginer. Du moins c’est ce que j’ai souvent lu ! Mais pour autant, je garde un fabuleux souvenir de ce moment. Oui, on a le droit de dire quand on a mal vécu les choses, quand on a eu très mal et qu’on a été traumatisée. Mais on peut aussi dire qu’il existe des beaux accouchements, comme celui que j’ai eu la chance de vivre. Certes ça ne fait pas du bien d’accoucher, mais cet acte héroïque peut se faire dans la quiétude et la joie. Préparation, confiance et accompagnement. C’est ce qui m’a permis d’être détendue au moment venu.

En plus d’avoir mon chéri, j’ai eu Sophie à mes côtés. Une jeune sage-femme qui était au collège avec moi et avec qui j’ai créé un lien particulier en fin de grossesse. Nous nous sommes de nouveau croisées lors d’une consultation de suivi de grossesse et à partir de là, elle a toujours su avoir les mots pour me rassurer. Le soir où je suis arrivée aux urgences, elle était de garde ! Et c’est elle qui m’a aidé à sortir mon petit Gaël. Elle m’a d’ailleurs écrit ce témoignage en souvenir de l’accouchement :

« Je m’en souviens comme si c’était hier ! J’étais de garde en salles de naissances quand vers 23h tu m’as envoyé message pour me prévenir que tu avais des contractions rapprochées et douloureuses, et que tu allais venir à la mater. Peu de temps après tu m’as dis que tu perdais les eaux dans la salle d’attente ! Pas de doute, Gaël voulait la même date d’anniversaire que sa maman !

Saches que tu t’es vraiment battue comme une championne pour supporter les contractions régulières et douloureuses du travail, je pense qu’à ta place j’aurais demandé la péri au bout du 10 minutes ! Je tiens également à souligner la bienveillance d’Aurélien, qui je pense a été un réel soutien pour toi tout au long du travail. Et quel travail ! En à peine quelques heures il était déjà temps de s’installer pour la venue de Gaël. Je suis encore aujourd’hui très émue d’avoir été ta sage-femme pour la naissance de Gaël, j’en ai presque eu la larme à l’oeil. A 2 mois de l’obtention de mon diplôme, je suis plus que jamais heureuse et reconnaissante d’accompagner les couples dans ces si beaux moments de leurs vies. »

C’était « Wahou »…

Comme ses mots en témoignent, l’émotion était au rendez-vous. J’ai poussé pendant 30 minutes, encouragée par mon homme et 3 adorables sages-femmes. Je me souviendrais toujours quand l’une d’entre elle m’a dit « Il a beaucoup de cheveux ce bébé ! » alors que j’étais sûre qu’il n’en aurait pas. Et quelques minutes plus tard, juste avant la poussée finale, elles ont sorti son petit bras en lui faisant nous faire coucou. Vu comme ça, ça a l’air glauque, mais ça m’a permis de trouver la force de sortir ses épaules ! Et d’un coup…il était là, à 6H47. Mon corps avait réussi, par chance mon périnée était intacte et moi, j’étais devenue maman.

Oui, j’étais enfin ta maman mon amour. Tu as tout de suite eu un visage joyeux, comme si toi aussi tu avais bien vécu cette mise au monde. Les sages-femmes t’ont déposé sur mon ventre après t’avoir mis un petit bonnet pour te garder au chaud. Je pensais que la fusion prendrait fin dès l’instant où tu sortirais de mon corps, mais en fait non. Nous avons fusionné aussi à l’extérieur. Tu étais tout chaud et tes 3kg850 étaient cachés sous une peau si douce. Tu n’étais plus imaginaire. Merci d’avoir été parfait du début à la fin et de m’avoir permis de tout aimer de la grossesse et de l’accouchement.

Regarde cette photo mon Gaël.
Tu venais de dire bonjour au monde,
Nous étions heureux,
Nous étions devenus tes parents,
Nous étions une famille,
Nous étions 3, et nous le serons définitivement.

18 commentaires

LittleKKuete 27/05/2020 - 10:14

c’est juste magnifique
on se re projette dans nos accouchement
a tt cas pour ma part 🙈
Bravo pour ces mots doux , cette histoire est juste magnifique ❤

Reply
Navaill 27/05/2020 - 11:55

Merci bcp 🙈😘 ton accouchement va être magnifique lui aussi !!! ❤️

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Jeanne 04/05/2020 - 20:41

Magnifique récit d’accouchement! J’ai également accouché pendant ce confinement le 19 mars, bébé surprise était prévu le 28 mars 😉
Tu es une magnifique jeune maman. Je viens de découvrir ton compte Instagram et je suis tombée sous le charme. Gaël est magnifique !
Tu fais bien de dire que l’accouchement peut être un beau moment. J’ai eu un très bel accouchement jusqu’au moment de la poussée où il y a des complications pour moi… j’ai fini au bloc opératoire et bébé a pu malgré la situation être en peau à peau avec papa. Malgré une opération en urgence j’ai dû malheureusement remontée seule en chambre, car bébé était suivi par les pédiatres et le papa devait rentré à la maison et attendre de nous retrouver quelques jours plus tard… mais je garde un souvenir magnifique car devenir maman est la plus belle chose qui m’est arrivée ❤️

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Navaill 05/05/2020 - 12:54

Coucou Jeanne,
Merci pour ton commentaire si gentil ❤️ Je suis heureuse de lire que tu as un beau souvenir de ton accouchement, malgré les complications… On en retient que le meilleur 🥰 bisous ma belle !

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Anneso 29/04/2020 - 19:26

Ton récit est adorable tout comme ton accouchement!❤️
J’accouche dans 1 mois j’espère vivre un aussi bel accouchement que toi😍

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Navaill 29/04/2020 - 22:12

Je te le souhaite de tout mon coeur ! 😘🥰 merci bcp !

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Baki 29/04/2020 - 00:14

Superbe plume, quelle belle histoire je suis à 36 semaines et demi est-ce que ce confinement sera terminé en Belgique d’ici-là, je l’espère.

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Navaill 29/04/2020 - 09:14

Merci beaucoup, il se termine le 3 ou 4 mai il me semble ! Je croise les doigts pour toi ! ☺️ Tu vas nous faire un bel accouchement 💋

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Lisa 28/04/2020 - 23:46

Magnifique 🥰
Tellement destiné ce petit Gaël

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Navaill 29/04/2020 - 00:14

Oh oui tu l’as dis 🙈🥰 Merci Lisa !

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Marina biviglia 28/04/2020 - 22:41

Allez hop une petite larme au passage, Juste magnifique ❤️

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Navaill 28/04/2020 - 22:43

Ohlala merci Marina 🙈 Toujours un agréable commentaire de ta part 🥰

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Julie 28/04/2020 - 22:19

Magnifique article qui met du baume au coeur 🙂
J’espère que je garderai un si beau souvenir de mon futur accouchement aussi 😍😍

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Navaill 28/04/2020 - 22:24

Contente qu’il puisse te mettre du baume au coeur 🙈😍 Je te souhaite de tout cœur de vivre un accouchement formidable 😘 faites vous confiance !

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Marine 28/04/2020 - 22:06

C’est tellement émouvant, et j’avoue que sa naissance le jour de ton anniversaire c’est une vraie preuve d’amour 😍 encore toutes mes félicitations pour ton petit Gaël tout beau 😊

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Navaill 28/04/2020 - 22:23

Oui je n’en reviens toujours pas 😳❤️ Merci t’es toujours adorable toi !

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Brassart Megane 28/04/2020 - 21:33

J’ai pleuré en lisant ton récit 😭 beaucoup trop mignon 😍😍

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Navaill 28/04/2020 - 21:42

Adorable Mégane 🙈💕 mille mercis !

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