Je vais devenir maman

par Anaïs Vaillant

Aujourd’hui nous sommes le 21 juillet 2019. Jour de la fête nationale belge. Nous avons prévu d’aller voir le feu d’artifices en amoureux ce soir. Mais pour l’heure, le feu d’artifices est dans mon coeur. Après 11 mois de peurs, de pleurs et d’échecs, tu es enfin arrivé mon bébé.

Il est 6h du matin quand j’ai le droit au bonheur. J’apprends que tu es là, chez moi, au creux de mon ventre. Je suis enceinte ! Nous sommes dimanche, un jour banal qui pourtant est devenu l’un des plus beaux de ma vie. Hier soir nous avons fait la fête, mais ce matin la vie a sonné comme un réveil pour m’offrir son cadeau. Je suis à moitié réveillée quand je me rends compte que mes règles ne sont pas arrivées dans la nuit. 2 jours de retard ? Est-ce assez pour faire un énième test de grossesse ?

« Tu n’as plus rien à perdre, si ? »

A cet instant précis je repense à ce que ma gynéco m’a dit « La prochaine fois ne vous faites pas trop d’idées, vous aurez sûrement un retard de règles puisque j’ai bien vu à l’écho que vous n’aviez pas ovulé ce mois-ci ».  Vous vous souvenez ? Alors qu’est ce que je fais ? Je prends le risque de souffrir à nouveau ? Ça ne sera que la 11ème fois après tout.

J’y vais, je me lance. Je m’assois sur les toilettes avec cette vulnérabilité habituelle, dans une situation que j’ai l’habitude de subir à chaque fois qu’elle arrive. J’ouvre ce test de grossesse qui fait partie de toute une collection, que je vois finir à la poubelle. Je relève mon bras après avoir présenté le test à mon pipi du matin, et avant même de commencer le décompte des 3 minutes, mon regard croise son résultat.

Jusqu’à présent, après avoir bien lu la notice, je le posais sur l’évier et sortais faire les 100 pas en attendant que le verdict s’affiche. Je revenais jeter un œil discret et peureux, mais comme dans une série noire, cet objet finissait au fond de la poubelle de la salle de bain.

Mais là ?! Il est différent ?! Ce n’est pas possible, c’est bien un + que j’ai en face des yeux !! Ma première réaction est très vulgaire, mais heureusement je suis seule dans la pièce ! Un énorme « Putain » est sorti de ma bouche. Vous savez, ce « putain » quand vous vous parlez à vous même, complètement paniqué. Et bien c’est ce même gros mot qui là a fait sortir toute la colère que j’avais contre l’injustice.

J’étais excitée, je n’y croyais pas, je planais. La maison dormait et le temps me paraissait tellement long. Je ne savais pas si je voulais pleurer de joie ou si je devais garder la tête sur les épaules. Tout ce que je savais c’est qu’il était trop tôt pour crier partout.

Mon test est positif, pincez-moi…

Aurel dormait au moment où j’ai appris que notre vie allait changer. Il a même dormi jusque midi et je n’oublierai jamais ces heures de bonheur intense que j’ai eu pour moi, quand j’étais la seule à savoir. Je n’ai pas voulu le réveiller, parce que j’avais besoin d’accuser le coup. C’est vrai, c’est fort comme terme, mais quand vous vous êtes fait une raison sur quelque chose et que d’un coup vous connaissez un retournement de situation, ça bouscule.

Mais je peux vous dire que c’est le plus gros coup de marteau qu’on m’ait flanqué sur la tête ! Celui de la chance, de la douceur, de l’euphorie, de la joie ! Le mois de juillet nous a sourit. Nous devions partir en vacances l’esprit tranquille, en attendant ce fameux rendez-vous gynécologique du 3 septembre, qui devait trouver les raisons de mon infertilité… Mais notre petit soleil a préféré pointer son nez avant pour nous faire passer un formidable été.

Aurel, tu vas être papa !

J’appréhendais l’annonce. Quelques mois auparavant, j’avais un tas d’idées pour lui annoncer l’arrivée de notre bébé, mais ce jour là je ne savais plus comment m’y prendre. Je voulais juste qu’il me prenne dans ses bras. J’avais été particulièrement irritable les jours précédent et il en avait payé les frais. Ce qui m’arrangeait, c’est que maintenant j’avais une excuse. Nous étions dimanche, impossible de courir chercher une paire de chaussons ou un petit bavoir ! La première idée qui m’est venue était de lui déposer un grain de riz au creux de la main et de le laisser deviner ce que cela pouvait signifier. C’était la taille de notre bébé, mon dieu, il était si petit mais déjà si présent. A ce moment là, j’étais sûre que je verserais une larme avant même qu’il relève la tête. Bingo !

Nous avons savouré cet instant merveilleux comme deux grands enfants dans notre lit, avant de poser un pied par terre. Et c’est à ce moment là que nous avons fait notre premier pas vers la vie de famille. Je n’oublierai jamais ce jour symbolique, cet instant de joie immense qui m’a picoté dans tout le corps. Nous voilà partis pour une belle aventure. Je te sens déjà bien accroché mon bébé, en route pour ton parcours vers la vie.

Des feux d’artifices dans nos coeurs

Nous avons passé la plus belle des soirées, devant un feu d’artifices qui exprimait au monde entier ce que nous ressentions. Un moment hors du temps où tout le reste nous paraissait minuscule. L’amour s’était accroché à nous, il était magique, explosif et de toutes les couleurs, exactement comme un feu d’artifices.

Je l’aime, je vous aimes. Je remercie Aurel d’avoir été patient quand je ne l’étais pas et d’avoir gardé la foi pour nous. Il est mon équilibre. Toutes les larmes que j’ai pu verser sont maintenant pour moi un bain de bonheur. Nous t’attendons petit coeur. Et nous attendons aussi tous vos futurs bébés à venir, avec foi et sérénité.

Je vous embrasse…
Navaill

2 commentaires

LuciledeGuinzan 10/02/2020 - 01:01

Pfiou, tu me replonges dans cette même explosion de bonheur que j’ai connue cet été. Un moment inoubliable c’est sûr…

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Anaïs Vaillant 10/02/2020 - 09:09

C’est vrai ? Contente qu’on ai vécu cette même sensation alors ma belle 💕

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